Du « village-étape »

village : groupe d’habitations

étape : lieu où l’on s’arrête dans le cours d’un déplacement

Le village est donc lieu de vie ; et l’étape, lieu de non vie puisque lieu où l’on met la vie momentanément au repos

Combien de fois, lors de vos déplacements autoroutiers, avez-vous suivi la pancarte « village-étape » pour un rien-faire reposant ?

Cette poudre aux yeux, appelée subvention, jetée en aumône aux villages en perdition le long des chemins abandonnés . . .

je l’ai vue briller souvent, et il y a quelques années, pas loin, à Confolens,

où les « élus locaux » rêvent d’autoroutes (L’autoroute constitue un monde clos au sens propre (délimité par des clôtures)) au bord desquelles ils planteraient leurs pancartes « arrêtez-vous là » ;

alors qu’on n’entre sur l’autoroute que pour aller plus vite au bout sans arrêt au milieu ; et que s’il y a arrêt au milieu, c’est parce qu’on entre sur ces rails en ayant déjà choisi à quelle gare on ferait halte.

On ne sort pas de l’autoroute pour entrer à Chabanais, on entre sur l’autoroute pour sortir vers Chabanais, en Charente-limousine.

Le « village-étape » n’est donc bien que gesticulation stérile s’il n’invite pas à « prendre ce rapide chemin pour aller jusque là » . . . y vivre un moment.

Depuis les débuts de l’humanité, le chemin est la trace laissée par le passage ; on ne peut donc faire un chemin afin que l’homme y passe mais seulement aménager au fil du temps ses, ces, passages de circulation.

Je ne vais ni à Limoges ni à Angoulême, ou plus près ou plus loin, parce qu’il y a une route pour y aller ; c’est au contraire parce que « j »y vais qu’une route y a été construite au fil des allées et venues

Il suffit de se promener en forêt pour remarquer le passage d’animaux, aussi pour certains, « traceurs de chemins » tout comme au jardin aussi, l’allée qui ne mène vers aucun but est vite abandonnée.

Ce serait donc raisonner à contresens que vouloir que certains* s’arrêtent à Chabanais, puisque le bon sens nous signale qu’il faut au contraire indiquer avant les raisons d’y venir

C’est par le développement des attraits Chabanois que les Gens y viendront . . . s’y promener, y travailler, y vivre ou tout ensemble ; et ils n’auront plus alors besoin d’un leurre de pancarte pour trouver le village.

Ce sont aussi ces Gens-là qui, par leur présence attireront les commerçants ; une place commerçante n’existe qu’au sein d’une zone résidentielle. La mine est à l’endroit du minerai, et la mine du commerçant ne peut être hors de son minerai de clientèle. Quelle est l’utilité de l’artisan pavillonneur dans un village où le travail s’en va ? Pourquoi construire à Chabanais s’il n’y a plus rien à y « faire » ? Habite-t-on juste « pour voir » ? Ce sont donc bien les « habitants »  qui créent le « marché ».

Donc des industries, des usines, des entreprises . . . utilisant une quantité certaine de main d’œuvre . . . en demande de services, qu’ils soient commerçants, sociaux ou culturels, puisque compter sur la seule clientèle d’une de ces trois activités pour faire fonctionner les deux autres entraîne par définition au suicide collectif.

*Lorsque je dis « vous voulez remplacer 1 camion par 10 voitures » j’en entends répondre « mais pas toutes »

. . . il faudra donc les trier, les choisir, les classer ? Aïe aïe aïe . . . ; d’autant qu’il est clair que c’est « l’activité » qui incite à y aller pour la trouver quelle qu’elle soit.


Commentaires 2 à Du « village-étape »

  1. Bien vu, le caractère illusoire des villages-étapes, au bord de l’autoroute ou de la voie express… Toujours la même contradiction que dans les villages où l’on fait un beau revêtement de route bien lisse, et puis on s’aperçoit que les bagnoles passent trop vite et on construit à grands frais des « gendarmes couchés », on rétrécit artificiellement la chaussée, on ajoute des bacs à fleurs bien massifs, et bien sûr, des panneaux de signalisation pour que les véhicules ne se les emplafonnent pas.

    Le vocabulaire est plein de pièges diaboliques : les aménageurs disent qu’une autoroute « irrigue » une région, mais il est clair qu’elle « draine » également des populations, des marchandises, bref, qu’elle assèche des régions.
    Une personne sensée ne va pas ici ou là parce qu’il y a une route, mais, le transport n’étant pas assez cher, c’est bien la route (et surtout l’autoroute) qui fabrique le poids lourd au point qu’on pourrait presque croire à une génération spontanée. L’autoroute attire le camion du fin fond de l’Europe aussi sûrement qu’un étron attire les mouches. Les voies très rapides (TGV, autoroutes) nient l’espace, non seulement parce qu’elles raccourcissent les temps de trajet, mais parce que tout ce qui n’est pas à leur proximité immédiate dépérit, sauf ce qui lui est directement raccordé.
    Mais bon, hypocritement, j’attends qu’on ajoute des tronçons à la voie express que j’emprunte le plus souvent, bien évidemment…

    Et oui, commerce, industrie, service, tout est lié, et nul développement durable (au sens réel et non grenellien de l’expression) ne se fait uniquement sur le tourisme.

  2. Pour revenir sur cette notion de « suicide collectif » je renvoie vers cet article de la Charente-Libre paru 3 mois après cet article ; peut-être nos élus locaux de Haute Charente y trouveraient-ils caution plus « professionnelle » que celle d’un simple citoyen
    http://www.charentelibre.fr/2010/11/30/zones-commerciales-stop-aux-extensions,1009142.php#commentairesArticle