En vironnant

Charente Libre du 26 novembre 2010

Quelques mots sur la définition desquels à l’occasion on pourrait revenir ?

« Nous sommes des fervents défenseurs de l’environnement mais il faut aussi prendre en compte la sécurité des usagers. (M.G. maire)« 

  • ferveur
  • défense
  • environnement
  • prise en compte
  • sécurité
  • usagers

Pour « agressifs », et en ne perdant pas de vue l’agression première, nous nous contenterons de reprendre Konrad Lorenz – L’agression – édité par Flammarion dans la collection Champs

plus précisément :

Critique pure de la raison :

  • La haie de l’entrée de l’arboretum du Chêne Vert a été trop sévèrement taillée

sévère n’est-il pas toujours « trop » ?

  • Le propriétaire et le collectif qui gère le site ne décolèrent pas.

« Le collectif, et le propriétaire qui gère », était plus juste, ou alors « gèrent »

 

La haie du Chêne-Vert est la vitrine de l’arboretum, en bordure de la RN 141. Elle a été victime de la broyeuse. Photo CL

Discorde autour d’une haie en bord de route à Chabanais

Exit les deutzias, spirées, philadelphus, hibiscus et autres ailantes, végétaux qui faisaient la richesse et la diversité de la haie plantée à lentrée de l’arboretum du Chêne-Vert, en bordure de la RN 141 à lentrée est de Chabanais…

La broyeuse élagueuse de la municipalité n’en a fait qu’une bouchée. «L’écharognant sans vergogne», peste Jean-Louis Vignaud, de même que tous les couvre-sols, lamiers, pervenches et bulbes de jonquilles et narcisses qui commençaient à prendre le pas sur les mauvaises herbes. «Un vrai saccage», poursuit cet amoureux de la nature, qui déplore que l’entrée de ville ne puisse donner aux touristes et visiteurs qu’une image dévalorisante de la Charente limousine.

Cest la troisième fois en une petite dizaine dannées que cette haie de 35 mètres de long est ainsi «rabotée».

Merci d’avoir mis ce mot entre guillemets, il aurait été insultant pour le menuisier que j’ai été, le rabotage étant leur premier ouvrage de mise en valeur de l’essence du bois

Dégauchir aurait pu mieux convenir, quoique, un socialisme qui dégauchit . . .

Les deux premières fois les responsables étaient les services de la DDE et de la Dirco (Direction interdépartementale des routes Centre-Ouest). Suite à ces «massacres», un pacte de non-agression avait été signé

(voir plus bas DDE 2002)

pour sauvegarder la haie

la « nouvelle » haie à replanter suite aux massacres précédents par voitures ou écharogneuses publiques

avec obligation pour son propriétaire d’empêcher la végétation dempiéter sur le domaine public.

obligation est un peu « fort » pour un « accord » sur proposition du dit « propriétaire » citoyen

«Ce qui a été respecté» affirme Jean-Louis Vignaud.

les fondements de « l’affirmation » en bas de page http://www.arboretum-chene-vert.fr/DDE/suite.htm

Fin octobre, ce sont les employés municipaux qui lont fait sortir de ses gonds

« de son bois » m’allait bien aussi . . .

en sacrifiant la haie sur lautel de la sécurité routière…

Quelle belle image chère Marie-Françoise ! L’autel de la route, pièce d’artifice dominante, d’où l’homme supérieur explique les droits de la vie à cette population, en contrebas, dépersonnalisée de végétaux hirsutes . Merci

Le collectif du Chêne-Vert s’est alors fendu

plutôt : saigné du sang sortant de sa blessure

dune lettre ouverte à la municipalité pour lui signifier son indignation et sa colère.

Le mea culpa de la mairie

requiescat in pace

Interrogé sur le sujet, le maire de Chabanais, Michel Gealageas, regrette l’incident. «J’ai oublié dinformer les employés qu’il ne fallait pas élaguer cette haie, cest ma faute. Avant cétaient les services de la Dirco qui étaient chargés de la tâche…»

« c’est ma très grande faute » . . . quelle pénitence, pour une absolution ?

Et l’Arboretum sera remboursé du dommage en « actions de grâce » ?

Lélu déplore toutefois les termes quelque peu «excessifs et agressifs» de la missive. «Je vais répondre à cette dame» souligne t-il.

Non Michel, tu ne répondras pas avec condescendance à « cette dame », ex conseillère municipale, mais bien « à une association non subventionnée siégeant dans ton village représentée formellement par sa présidente ». Que cette « dame » vive dans l’Oise montre simplement le dynamisme de l’Arboretum du Chêne-Vert par son rayonnement ; d’autant que cette lettre est d’un « collectif » dont trois conseillers municipaux.

Mais avant, une demande dalignement va être faite par la municipalité.

dépenser un millier d’euro de nos impôts pour confirmer la mesure de la DDE en 2002 ?

Il faut, selon les règles en vigueur, une bande de 2 mètres entre la route et la propriété privée.

comme l’indique le ruban visible sur l’image ; la question de base reste donc, « comment empêcher les employés municipaux de supprimer 1m de haie dans une propriété privée abusivement violée, puisqu’outre passée d’1 mètre ? »

« Certes protéger la nature cest bien, tous au conseil municipal sommes des fervents défenseurs » de l’environnement

De toute évidence, nous n’avons pas la même définition du « milieu de vie de l’être humain »

mais il faut aussi prendre en compte la sécurité des automobilistes et le passage des piétons sur cette zone très fréquentée…»

Très fréquentée par les piétons ? En bottes depuis le village quelqu’en soit le côté dès la moindre rosée ?

Les quelques personnes âgées du quartier, longeant la route, doivent-elles être protégées des fleurs ou des voitures ? Puisque, quitte à faire dans le sécuritaire à la mode, dire « le passage des automobiles et la sécurité des piétons » me semble plus près d’une démarche humaniste

En 2002, à l’occasion des travaux du rond-point, je « vous » avais « M. le maire », proposé de me livrer les matériaux afin que je comble bénévolement ce « caniveau piétonnier » inondé lorsqu’il pleut, faute d’assainissement.

(ces phrases sécuritaristes, galvaudées par un pouvoir d’un autre âge, me semblent incongrues venues d’un socialisme affiché ici ou là ; mes professeurs d’école m’avaient expliqué différemment Jean Jacques Rousseau, Jacques Prévert ou même François-René de Chateaubriand

La lettre ouverte fait référence à un «assassinat collectif». « A l’heure où vous voulez faire de Chabanais une ville étape, pour essayer, tardivement, denrayer un déclin annoncé, il semblerait symbolique de soigner lentrée est de cette bourgade afin daccueillir dignement les visiteurs. Ville étape, porte du Poitou-Charentes, accès aux lacs, chef-lieu de canton, autant de raisons qui devraient concentrer toute l’attention du maire de Chabanais, par ailleurs vice-président de la communauté de communes, chargé du développement touristique.» écrit Françoise Ballet la présidente du collectif du Chêne-Vert ».

Jean Louis Vignaud, lui,

personnalisation excessive autant que relative ; pour rester dans l’esprit de l’article, « sacristain de ce sanctuaire de nature qu’est l’Arboretum du Chêne-Vert » eut suffit (décidément ce lyrisme journalistique m’inspire !)

dénonce tout un ensemble de travaux, qui vont à l’encontre du bon sens «paysan» :

oui, au sens premier de « celui qui vit au pays »

le parc de Chassat transformé en zone industrielle, un mur en pierres, élément du patrimoine qui s’effondre faute de soins… pour l’heure c’est la vitrine de «son» arboretum qui est brisée. «Et il faudra bien une journée de travail pour réparer ce que la broyeuse a mis cinq minutes à détruire et pas moins de trois ans aux végétaux soignés, pour retrouver leur aspect et donc autant pour que les animaux habitant la haie retrouvent leur niche écologique.»

Marie-Françoise CORMIER

et maintenant, au-delà de la « bonne conscience » des mots, envers et contre tous, continuer à planter, pour un paysage de vie harmonieuse de diversité